Nos vies, vues de l’extérieur, semblent parfois parfaites. Elles cochent toutes les cases du « succès » ou du « bonheur supposé ».

J’avais ça moi aussi. Des amis présents. Un chum que j’aime. Une famille proche. Deux voitures dans la cour. Une maison accueillante.

Sur papier, j’avais tout.

Et pourtant, j’étais souvent assise à mon bureau de travail à me demander pourquoi j’étais là. Si c’était vraiment ça, la vie.

Pendant longtemps, je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Ma vie allait bien. Sauf que je sentais que ce n’était pas tout à fait ça. Qu’il manquait des morceaux au puzzle.

Pourquoi est-ce que je redoutais chaque lundi matin?

Pourquoi est-ce que je me sentais, au travail, comme une spectatrice de ma vie, plutôt que l’actrice?

J’ai occupé des postes qui promettaient de l’avancement. Des titres présentables. Des salaires corrects. J’ai vraiment aimé mes collègues à chaque endroit où j’ai mis le pied.

Malgré tout, j’étais vide.

Je ne savais pas encore quoi. Je savais juste que ce n’était pas moi.

Ce que personne ne dit sur le malheur au travail, c’est qu’il est particulièrement difficile à assumer quand le reste de ta vie est « belle ».

Parce qu’il ne s’agit pas toujours d’une période difficile. Parfois tes proches te regardent avec une incompréhension bienveillante « mais tu as un bon emploi, non ? »  Parce que toi-même, tu te répètes que tu devrais être reconnaissante, que d’autres donneraient cher pour avoir ta stabilité, ta sécurité ou ton titre.

On fait quoi dans ce temps-là? On continue. On s’investit. On donne tout. On essaie d’atténuer, on se dit que c’est peut-être pas si pire que ça finalement.

J’ai mis des années à comprendre que le problème n’était pas où je travaillais. C’était comment et pourquoi.

J’avais construit ma carrière sur des critères que je n’avais jamais vraiment choisis : la stabilité, le regard des autres, la logique du « prochain échelon ». Je me suis retrouvée dans des rôles qui avaient du sens pour quelqu’un d’autre, peut-être la version de moi qui avait eu peur, qui avait voulu faire les choses comme il faut, qui avait confondu sécurité et épanouissement.

Je ne m’étais jamais arrêtée à demander : « Qu’est-ce que je veux, moi? Pas ce qui est raisonnable. Pas ce qui est bien vu. Ce qui m’allume, vraiment? »

C’est une question qu’on n’apprend pas à poser. On apprend à performer. On apprend à livrer. On n’apprend pas à s’asseoir avec l’inconfort de réaliser que la carrière qu’on a construite ne nous ressemble peut-être pas finalement.

Alors j’ai tout quitté. Plus d’une fois.

C’était pas toujours glamour. C’était souvent maladroit, incertain, chaotique. Beaucoup d’instants à me demander « Est-ce que j’allais regretter? Est-ce que j’étais trop exigeante? Est-ce que le bonheur au travail, ça existait vraiment? »

J’ai sauté quand même. Et je ne vais pas te mentir : ça m’a fait peur chaque fois. Je ne savais pas toujours ce que je faisais. Ça n’a pas fait l’unanimité autour de moi non plus. Tout ce que je savais, c’était que je ne voulais plus me gruger de l’intérieur.

Si tu te reconnais, si toi aussi ta vie personnelle est belle, mais que le travail te pèse d’un poids que tu n’arrives pas tout à fait à expliquer, je veux que tu saches :

Tu n’es pas trop difficile. Tu n’es pas ingrate. Tu n’es pas en train de dramatiser.

Tu es peut-être juste en train de réaliser que tu mérites, toi aussi, de faire quelque chose qui te ressemble vraiment.

Ce n’est pas un luxe. C’est une direction.

Et il n’est jamais trop tard pour commencer à marcher vers elle.

Si tu ressens le besoin de venir relâcher la pression, je t’invite au prochain Party énergétique.